1) Techniques et usages

a) Le Daguerréotype

          Le daguerréotype a été découvert en 1835 par le français Louis Daguerre (1787-1851). C'est la coopération entre ce grand photographe et Nicéphore Niepce qui a pu rendre de tels résultats possibles. Toutefois, en raison du décès de Niepce en 1833, c'est Daguerre qui continua et finalisa les travaux, élaborant ainsi le premier procédé pouvant enregistrer l’image de façon permanente.

         Le daguerréotype, comme tous les appareils photos, utilise le système de la chambre noire. C'est une boîte percée d'un petit trou (pour que l'image obtenue soit nette) qui inverse l'objet de départ en une image à l'envers sur le fond de la boîte. L'image obtenue est plus petite mais on peut y voir tous les détails et les couleurs que présente l'objet de base. Auparavant, cette technique était utilisée pour faire des relevés topographies, et par les peintres pour peindre leurs toiles.
         Au XVIème siècle, un italien eu l'idée de remplacer le trou par une lentille convergente. Cette invention permet d'avoir plus de lumière dans l'image. Dans le domaine de la photographie, la lentille est appelée focale.
         La distance focale est la distance qui sépare l'endroit où les rayons se croisent et le fond de la chambre noire.

        Le daguerréotype a été le premier appareil à être utilisé commercialement. Les images produites étaient très fidèles à la réalité et représentaient des paysages urbains et ruraux, des monuments et aussi des scènes sociales. Les photographies du daguerréotype étaient imprimées sur des plaques de cuivres recouvertes d'une couche en argent polie comme un miroir et qui étaient déjà exposé à la lumière. Pour obtenir la photo finale, la plaque était soumise à toute une série de réaction chimique.

         Le temps de pose long (jusqu'à une trentaine de minutes selon la distance focale) permettait de faire uniquement des portraits figés. De ce fait, ce nouveau moyen de photographie avait essentiellement un usage familial et privé. Les familles posaient avec leurs plus beaux habits pour montrer une richesse qu'elles n'avaient pas toujours. Cependant, il y a quand même un inconvénient lors de l'usage privé : on ne pouvait que regarder la photo prise par le daguerréotype en la mettant en face de soi. En fonction du côté où l'on était placé et de la direction de la lumière, on pouvait voir une image positive ou négative d'un seul côté, et parfois même les deux, étant donné que la surface sur laquelle la photographie était imprimé avait un effet miroir. Le processus de cet appareil étant complexe, son coût était élevé et ne le rendait accessible qu'aux personnes aisées, essentiellement à la bourgeoisie, et non au grand public. Ces inconvénients ne dérangeaient pas les gens qui vers 1840 allaient dans les boutiques spécialisées dans la photographie pour se faire photographier assez rapidement, le coût de la photo en elle-même n'étant pas trop cher. Le procédé de Daguerre s'est alors étendu dans le monde entier.

         Néanmoins, le daguerréotype ne fut employé que durant une petite dizaine d'années en raison de ses défauts techniques. De plus, l'absence de négatifs rendait la reproduction de l'image impossible, alors que d'autres techniques élaborées vers les années 1850, c'est-à-dire environ 15 ans plus tard, la permettait (le ferrotype, 1852 - l'ambrotype, 1854).    

 

 

 

 

Quelques photographies

 

b) Le Mammouth

         Le Mammouth est un appareil photo qui a été élaboré pour photographier des trains à la fin du XIXème siècle par une usine américaine à Chicago. Son nom est à l'origine de sa taille. Il mesurait en effet 4 mètres de long et pesait plus de 700kg. La photographie obtenue par le Mammouth était imprimée sur une plaque de verre qui pesait plus de 650kg, et avait une surface d'environ 3 mètres carrés. Le Mammouth a permis d'obtenir un seul et unique négatif qui est actuellement le plus grand négatif au monde. Ce négatif record mesure 2,43 x 1,37 mètres.
         Le Mammouth reçu en 1900 le grand prix mondial à l'exposition universelle de Paris.
         
          Ses usages étaient très limités, à défaut de sa taille trop grande. Il fallait donc une quinzaine de personnes pour manoeuvrer cet appareil, ce qui rendait la chose difficile.

 

 


c) Le Stéréoscope

       Le stéréoscope est une nouvelle invention des photographes qui a vu le jour en 1850. Ce nouvel appareil photo a été commercialisé depuis les années 1860 jusqu'aux années 1960-1970.
       La photographie stéréoscopique consiste à prendre une photo avec deux prises de vues décalées d'environ 6 à 7 centimètres, c'est-à-dire à peu près la distance de l'écartement des deux yeux. On obtient alors deux photos où l'on en colorie une en rouge et l'autre en cyan. La couleur rouge représente une couleur primaire, c'est à dire au niveau de la physique, une couleur avec des ondes longues qui sont réceptionnées par des cônes dans l'oeil. Les cônes sont des récepteurs situés au fond de l'œil qui transforment le signal électromagnétique de la lumière en un signal électrique permettant de voir la journée. La couleur rouge est associée avec sa couleur complémentaire : le cyan. C'est une couleur secondaire selon le système de la synthèse additive (détails dans la partie III dans l'arrivée du pixel) formée de l'association des lumières bleue et verte.
        Les deux photos sont ensuite superposées. Pour observer cette image, il suffit seulement de porter une paire de lunettes anaglyphes, c'est-à-dire une paire de lunettes qui a d'un côté un verre rouge et de l'autre un verre cyan. Le cerveau interprète ainsi la photo modifiée en une vue tridimensionnelle.
        Cette technique permet de donner aux spectateurs une illusion de perspective et de réalité. Elle nous emmène dans une autre dimension.

         Le stéréoscope a été utilisé durant la guerre franco-prussienne de 1870/1871 à Strasbourg.
         Adam Varady, un ancien avocat suisse qui s'était reconverti dans la photographie, a réalisé des photos après la capitulation française qui montrent la ville sous les gravats mais en reconstruction.
         La plupart des photographies retrouvées sont des images de la ville sous les bombes, en ruines.
         Le temps de pose étant assez long, les clichés ne pouvaient pas être pris immédiatement. Les photographies ne représentent donc pas la souffrance de la ville et de ses habitants mais les dégâts causés. Il y a également des photos de soldats vainqueurs.

         Pour compléter les photos, les illustrateurs et les peintres ont représenté des scènes où l'action se passe immédiatement. L'ensemble des images diffuse l'idée d'une Alsace meurtrie. Les images sont des souvenirs qui existent sous différents formats : sous cartes de visites (11.4 x 6.4 cm), sous format de cabinet (15.9 x 10.8 cm), sous forme de dépliant ...

         La photographie est un témoin important de l'Histoire. Cependant, elle sélectionne ce qu'elle veut montrer. En général, elle ne montre que des parties de Strasbourg qui ont été détruites par la guerre, mais il y a tout de même plusieurs endroits non touchés qui ne sont pas représentés.

 

Plus de photographies

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