A) L'Argentique

a) Les débuts de l'argentique

        Les techniques du Daguerréotype et du Stéréoscope, bien qu'ayant été améliorées, présentent des déficiences qui les empêchèrent de subsister à une nouvelle méthode de fixation de la lumière apparue au milieu du XXéme siècle : c'est l'argentique.


         "Vous pressez le bouton, nous faisons le reste" est le premier slogan de la marque Kodak. George Eastman inventa un peu avant 1900 le premier appareil photo à film (pellicule). Cet appareil n'était pas couteux. En 1888, on pouvait s'en procurer un pour une somme d'environ 25$ qui avait une capacité de 100 photos par rouleau. Il est appelé très originalement Kodak n°1. Il connu un grand succès, autant que par son prix, par la facilité et la rapidité à recevoir une photo papier. En effet, il suffit de presser un bouton et, grâce à des techniques similaires aux précédentes, l'image voulue est impressionnée négativement sur le film. Ce film qui maintenant est souple et plus rigide comme auparavant est alors envoyé à un laboratoire de développement qui renverra à l'expéditeur des vues rondes de 6cm sur du papier cartonné en guise de tirage.


           Peu de temps après, Kodak met sur le marché un appareil encore moins cher, 1$ en moyenne et avec une pellicule coutant 15 cents, et plus simple d'utilisation : le Brownie. Son nom tiré d'une bande dessinée pour enfants fut rapidement plaqué sur toutes les affiches et le Brownie connu un succès colossal et international. Les familles prenaient donc plus facilement des photos de moments marquants de leur vie (naissance, anniversaire, mariage...). La photo prit alors le nom de photo instantanée.



           En 1904, Louis et Auguste Lumière brevetèrent le premier procédé de photographie couleur. Pour fabriquer un support, les Frères Lumières déposèrent sur une plaque de verre un vernis recouvert de fécule de pomme de terre et de grains microscopiques. Ces grains sont teintés de violet, de vert et d'orange et sont recouverts par une couche de bromure de gélatine photosensible (sensible à la lumière). La plaque de verre une fois installée dans l'appareil photo capte la lumière que les grains vont filtrer pour faire apparaitre les couleurs. Cette exposition prend cependant 40 fois plus de temps qu'un film en noir et blanc. Ce défaut nuira donc à la réussite de cette invention

           Plus tard, dans les années 1920 est apparu le 35mn. Le film plus petit était donc moins encombrant mais nécessitait un cadrage directement fait au moment de la prise de vue alors que celui ci ne se faisait qu'au développement. Cette technique, faite au départ pour le groupe Leitz Optical donna naissance à une nouvelle marque d'appareils, les Leica. Les allègements du boitier et toutes sortes de détails plus superficiels ne cessèrent d'augmenter. Mais c'est en 1936 que Kodak lança le Kodakchrome, premier film transparent couleur fonctionnel. Vinrent ensuite le Kodacolor (1942), premier négatif couleur et l'Ektachrome (1946), premier film couleur traitable directement par les photographes.

 


b) Le reflex argentique

          Un autre appareil se développe en parallèle, il s'agit du reflex. Cet appareil photo, conçu pour des usages professionnels, est beaucoup plus performant : il est plus rapide, sans flou, et d'une exactitude presque parfaite (sans décalages ni parallaxe), mais son fonctionnement est également plus complexe

Les lentilles

          Pour commencer, faisons une petite mise au point sur la partie optique de l'appareil, les lentilles. Il en existe deux sortes :
      - les lentilles divergentes, plus épaisses aux bords qu'au centre, sont utilisées pour les lunettes de vue (dans le cas de la myopie),
      - les lentilles convergentes, plus épaisses au centre qu'aux bords, sont utilisées pour l'obtention d'une image nette dans un reflex. Elles se distinguent en trois formes :

          Lorsque l'on envoie un rayon lumineux sur une lentille convergente, celui-ci va être dévié. En effet, selon l'angle que le faisceau va créer avec la lentille (c'est l'angle d'incidence) sa trajectoire va se modifier et créer un angle que l'on appelle angle de réfraction avec la lentille.

Exemple : Si un rayon lumineux d’un point donné vient heurter la lentille parallèlement à l’axe optique (AA’) il sera dévié. Il converge vers le foyer F’. S’il passe par le foyer F il ressortira parallèle à l’axe optique. Enfin s’il passe par le centre optique de la lentille, il ne sera pas dévié.

 

 

Cependant, une lentille seule ne donnera pas une image nette. Il faut donc utiliser une succession de lentilles qui feront disparaître le maximum de flou. Toutefois, des défauts plus ou moins visibles dans une photographie sont plus difficiles à supprimer. On les appelle aberrations, il en existe 5 :
    - Les aberrations chromatiques sont dues aux différentes longueurs d'ondes. En effet les radiations de courtes longueurs d’ondes (violet-bleu) convergent plus près de la lentille que les radiations de plus longues longueurs d’ondes (rouge). C’est-ce qui crée le flou


    - L'aberration sphérique : les rayons passant par le bord de la lentille ne passent pas par le même foyer que les autres rayons


    - L'aberration coma : lorsque le faisceau incident est incliné par rapport à la lentille, l'image donnée va s'étirer

     - L'astigmatisme est l'impossibilité d'obtenir une image d'un objet situé en dehors de l'axe optique. Les lignes horizontales et verticales se forment sur deux plans distincts au lieu d'être confondu. On voit alors une baisse de netteté sur les bords de l'image.


    - La distorsion apparait lorsque la lentille ne dévie pas les rayons lumineux correctement. Cela a pour effet d'incurver les lignes de la photo

Trajet de la lumière et loi de Scheimpflug

          Pour expliquer simplement le fonctionnement d'un appareil reflex, suivons le trajet de la lumière. Les rayons vont d'abord traverser une série de lentilles dépendantes du zoom, en entrant dans l'objectif, ainsi qu'un diaphragme qui détermine la luminosité voulue. La lumière va ensuite frapper un miroir qui la dévie vers un verre dépoli qu'elle traverse. Elle passe enfin un prisme de visée (ou pentaprisme) qui l'envoie dans l'oculaire où le photographe regarde son sujet.
          Après avoir expliqué le fonctionnement de l'appareil pendant la mise au point, intéressons nous à son fonctionnement pendant l'exposition donc s'il est actif. Une fois la lumière passée dans l'objectif, le miroir se relève et la laisse s'impressionner sur le film situé juste derrière.

 


Il existe une loi plus complexe qui détermine la distance idéale pour avoir la meilleure photo possible. Il s'agit de la règle de Scheimpflug. Il est énoncé, dans cette règle, que "l'image du plan sera nette (l'image et le film coïncident) si le plan objet, le plan objectif et le plan film se rencontrent sur une même ligne". Plus simplement, si on appelle le plan objet XS, le plan objectif XO, et le plan film XP, cette règle dit que pour que l'image prise par le photographe et l'image réelle soient identiques, il faut que (XS), (XO), et (XF) soient concourantes en un point que l'on appellera X.

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