c) Le Stéréoscope

        Le stéréoscope est une nouvelle invention des photographes qui a vu le jour en 1850. Ce nouvel appareil photo a été commercialisé depuis les années 1860 jusqu'aux années 1960-1970.
       La photographie stéréoscopique consiste à prendre une photo avec deux prises de vues décalées d'environ 6 à 7 centimètres, c'est-à-dire à peu près la distance de l'écartement des deux yeux. On obtient alors deux photos où l'on en colorie une en rouge et l'autre en cyan. La couleur rouge représente une couleur primaire, c'est à dire au niveau de la physique, une couleur avec des ondes longues qui sont réceptionnées par des cônes dans l'oeil. Les cônes sont des récepteurs situés au fond de l'œil qui transforment le signal électromagnétique de la lumière en un signal électrique permettant de voir la journée. La couleur rouge est associée avec sa couleur complémentaire : le cyan. C'est une couleur secondaire selon le système de la synthèse additive (détails dans la partie III dans l'arrivée du pixel) formée de l'association des lumières bleue et verte.
        Les deux photos sont ensuite superposées. Pour observer cette image, il suffit seulement de porter une paire de lunettes anaglyphes, c'est-à-dire une paire de lunettes qui a d'un côté un verre rouge et de l'autre un verre cyan. Le cerveau interprète ainsi la photo modifiée en une vue tridimensionnelle.
        Cette technique permet de donner aux spectateurs une illusion de perspective et de réalité. Elle nous emmène dans une autre dimension.

         Le stéréoscope a été utilisé durant la guerre franco-prussienne de 1870/1871 à Strasbourg.
         Adam Varady, un ancien avocat suisse qui s'était reconverti dans la photographie, a réalisé des photos après la capitulation française qui montrent la ville sous les gravats mais en reconstruction.
         La plupart des photographies retrouvées sont des images de la ville sous les bombes, en ruines.
         Le temps de pose étant assez long, les clichés ne pouvaient pas être pris immédiatement. Les photographies ne représentent donc pas la souffrance de la ville et de ses habitants mais les dégâts causés. Il y a également des photos de soldats vainqueurs.

         Pour compléter les photos, les illustrateurs et les peintres ont représenté des scènes où l'action se passe immédiatement. L'ensemble des images diffuse l'idée d'une Alsace meurtrie. Les images sont des souvenirs qui existent sous différents formats : sous cartes de visites (11.4 x 6.4 cm), sous format de cabinet (15.9 x 10.8 cm), sous forme de dépliant ...

         La photographie est un témoin important de l'Histoire. Cependant, elle sélectionne ce qu'elle veut montrer. En général, elle ne montre que des parties de Strasbourg qui ont été détruites par la guerre, mais il y a tout de même plusieurs endroits non touchés qui ne sont pas représentés.

 

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